Cher Philippe,
Selon ton souhait, j’ai "examiné attentivement" le texte sur BC&DC. J’avoue que, dans sa forme actuelle, il ne me paraît pas susceptible d’avoir un impact significatif sur les décideurs européens. Si je me mets à la place de ceux-ci (Commission, Parlement), je me poserais les questions successives suivantes :
(1) Quel est le problème (sociétal ? politique ? etc. ?) auquel la société civile veut s’attaquer ?
(2) Quels objectifs cette société poursuit-elle en s’y attaquant ?
(3) Quelles sont, à son avis, les données de ce problème (d’où les définitions et analyses des réalités sociales en cause) ?
(4) Quelles solutions la société civile propose-t-elle en l’occurrence ?
(5) Quelles mesures concrètes seraient-elles requises pour mettre en oeuvre ces solutions ?
Veuille excuser cette approche plutôt scolaire : mon but n’est pas de donner une leçon de méthode (ce n’est pas dans mes compétences), mais de structurer un texte qui soit convaincant et porte des fruits.
Quant au fond, je suis convaincu que le problème est très important, et que l’effort de réflexion sur BC&DC est primordial. En effet, notre société européenne vit un double défi majeur. D’une part, la culture dominante de l’individualisme consumériste réduit de plus en plus le sens du bien commun et, par conséquent, les chances de réaliser une société harmonieuse. D’autre part, le système économique qui prévaut ne permet pas de prendre en compte, de façon équitable, les coûts sociaux, environnementaux et culturels, à long terme, qui échappent à la logique du profit et de l’accumulation du pouvoir.
Pour relever ce double défi, les instruments politiques existants sont tout-à-fait inadéquats et inefficaces, tant sur le plan national que sur le plan européen. Il faut donc procéder une réflexion de fond et à des réformes structurelles. Inutile de détailler ici : mon exposé ci-dessus n’est qu’une suite de lieux communs et n’a pour but que d’esquisser un cheminement de pensée qui puisse avoir des effets pratiques.
Je note encore quelques remarques, sur le texte, au fil de la lecture.
Très cordialement,
Charles vdVaeren



